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Le projet sur les femmes soufies continue

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Sayyida Roqiya ÑasQuand je suis allé au Sénégal cet été, je venais juste (ou bien je le pensais) de terminer la rédaction d'un article sur les femmes à titre de dirigeantes islamiques au Sénégal, basée sur des entretiens avec une poignée de muqaddams (représentants de l'ordre soufi) femmes. Mais je pensais saisir cette occasion pour faire quelques derniers entretiens, et donc j'ai parlé avec plusieurs filles de Baay Ñas qui agissent comme muqaddams (y compris Roqiyatu Nas, photo à droite) ainsi que des femmes qui viennent des familles non-Taalibe Baay et non cléricales. Je me suis vite rendu compte que ce phénomène est beaucoup plus répandue que ce que j'avais imaginé.

En parlant avec beaucoup de Taalibe Baay—y compris les muqaddams femmes elles-mêmes—j'avais l'impression qu'il n y avait qu'une petite poignée de muqaddams femmes. Mais au fur et à mesure que j'ai demandé plus de gens, j'ai continué à entendre de nouveaux noms, et chacune des femmes avec qui j'ai parlé ont raconté une histoire très différente. Il est difficile de mesurer la prévalence des femmes à titre de dirigeantes islamiques car la plupart d'entre elles ne cultivent pas un personnage public, et elles délèguent bon nombre de fonctions publiques à des hommes pendant qu'elles-mêmes restent dans l'ombre.

Nos recherches sur les femmes muqaddams continue. Sheex Baay Caam (l'un des membres de l'Association les plus actifs) m'a appelé avant hier pour me dire qu'il avait parlé avec une sage-femme (elle-même pas une muqaddam) qui fut l'une des membres fondatrices de l'association féminine de bienfaisance appelée “Siggil Maam Astu Jànqa,” dans laquelle une femme muqaddam joue un rôle actif. Elle a mentionné également un certain nombre d’autres muqaddams femmes dont je n'avais jamais entendu parler, et Sheex Baay compte interviewer toutes ces femmes dans les semaines à venir. Pendant ce temps, Abdulaay Ñaŋ compte faire bientôt un interview avec une autre muqaddam femme à Medina Baay.

Je commence à penser que la question de la femme dirigeants islamiques au Sénégal est un projet de livre, pas un sujet pour le article unique sur lequel je travaille.

Parmi les choses que j'ai apprises au cours de nos recherches l'été dernier à propos des muqaddams femmes:

  • J'ai rencontré une perception répandu que les filles de Baay Ñas qui sont bien connus en tant qu'enseignantes (par exemple Sayyida Roqiya et Sayyida Mariyama), bien que tenant des ᵓijāzahs (désignation de muqaddam), ne donne cependant pas le wird et la tarbiyah. Elles m'ont dit que ceci n'est pas vrai, car qu'elles effectuent les mêmes tâches qu’effectuent les muqaddams hommes.
  • Baay Ñas a écrit sur le statut des femmes dans plusieurs écrits. Par exemple, dans une fatwa en Jawāhir ar-Rasāᵓil, il a écrit que les femmes peuvent agir en tant que muqaddams et peuvent instruire les hommes et les femmes. C’est dans son récit de ses voyages en Mauritanie où on trouve l'exhortation souvent cité de Baay Ñas à ses filles (une exhortation souvent prise d’ailleurs comme appliquante à toutes les femmes) de rivaliser avec les hommes pour un niveau élevé de la spiritualité mais pas pour les choses de ce monde . (Si vous connaissez d'autres choses Baay nas a écrit sur les femmes, s'il vous plaît faites le moi en savoir.)
  • Je reconfirmé que Ñas Baay—et pas seulement ses plus proches disciples—a nommé un certain nombre de femmes qui n’étaient pas ses filles comme muqaddams. Celles-ci comprennent quatre femmes dans les années 1930 dans le village de daaru Mbittéyeen, selon le disciple de Baay Ñas tôt et fiable Allaaji Bittéy (qui, à ma grande tristesse, est décédé cet été, très peu de temps après moi et Abdulaay Ñan lui ont interrogés séparément). Une de ces femmes était la mère d’Allaaji Bittéy. Je n’ai pas pu confirmer que cela s’est passé dans d’autres villages, mais on m’a donné les noms de plusieurs autres femmes que Baay a nommé à Kaolack et ailleurs.
  • J’ai appris d’Allaaji Abdulaay Faal (qui vit à Mbuur, où Allaaji Abdulaay Bittéy m’a accompagné pour faire des entretiens) qui Baay a délégué son père, Ibra Faal, l’un des premiers disciples de Baay (à ne pas confondre avec le Murid du même nom) à donner le wird et la tarbiyyah à toutes les femmes. Auparavant, quand les gens avaient énuméré les premiers disciples de Baay, ils n’avaient jamais nommé que des hommes. Cela m'a intrigué parce que les femmes de toute évidence ont joué un grand rôle dans le mouvement au début mais tout en restant sans nom. Allaaji Abdulaay Faal a répondu à cette question d'une manière inattendue: ceux qui liste seulement les hommes n’ont qu'une part raison, car Ibra Faal a initié toutes les femmes, y compris les disciples célèbres comme la mère de Baay, Maam Astu Jànqa. Comme je l'avait soupçonné, les femmes exigeaient la connaissance mystique bien plus que les hommes, au point que Faal a dû arrêter de les initié pendant un moment parce que, comme il l'explique à son fils, à un moment donné, il avait initié neuf femmes comparé aux cinq hommes de Baay,  et il ne voulait pas rivaliser son guide spirituel.
  • Les femmes que j'ai interviewées ont eu des expériences et des histoires très diverses. Certaines étaient issues de vieilles familles Taalibe Baay et même de la même famille étendu Njolofeen dont Baay Ñas faisait parti. Mais la plupart ne sont devenus Taalibe Baay qu’en tant qu’adultes. L’une était Mandinka d’une éminente famille Qadiri. Une autre, d’une famille Tijani mais non-Taalibe Baay, était une fois ministre de gouvernement et reste un professeur d'université et une haute fonctionnaire dans le système éducatif sénégalais. L’une est femme d'affaires prospère qui fait le commerce en marchandises en provenance du Moyen-Orient. (Alliyun Sekk m’a présenté à un grand nombre de ces dirigeantes.)

Ce ne sont que quelques-unes des choses les plus importantes que j'ai apprises, dont je compte écrire en plus de détail prochainement.

très diverses
Tags: Report
Mise à jour le Lundi, 21 Décembre 2009 17:31  

Newsflash

Medinabaay.org est revenu en ligne le 10 septembre, 2009, ou au moins un peu. Nos archives attendent toujours un serveur, mais l'Association de Recherches Medina Baay rapportera ici ses recherches en progrès, ses résultats, et ses observations. Veuillez revenir souvent lors de notre reconstruction du site et la réorganisation de l'archive des entretiens, des transcriptions de réunions, des photos, des manuscrits, des vidéos, ainsi de suite.