Source: http://www.geocities.com/CollegePark/Housing/8584/HAJ.html (with minor typographical error corrections)
RESUME DE LA VIE DE HAJJ ABD ALLAH NIASS Par Ousmane Kane (Université de Saint-Louis)
NIASSE ABDOULAYE ELHADJI
(Sénégal), 1844-1922
(Extrait du Dictionnaire des savants et grandes figures du monde musulman périphérique, du xixe siècle à nos jours, fascicule N°1, avril 1992)
Né vers 1844 à Beli, dans le Djolof, Sénégal, Abdoulaye Niasse, fils de Mamadou, est originaire d’une Famille toucouleur “wolofisée”. Il mémorise le Coran à l’âge de 15 ans auprès de son père qui est maître d’enseignement coranique, puis aborde l’étude des sciences religieuses traditionnelles auprès du marabout Matar N’diaye. En 1865, son père émigre dans le Rip pour fonder le village de Niassènne. Il l’y rejoint trois ans plus tard et fonde à son tour le village de Taïba en 1868. Une ligue Tijaniyya de résistance contre la colonisation française est créée par Ma Ba Diakhou, qui est tué en1867. Abdoulaye Niasse qui sera initié à la voie Tijaniyya en 1875 par Mamadou Diallo, un compagnon d’El hadji Omar, s’engage dans la lutte armée dans les rang de Saer Maty Ba fils et successeur de Ma Ba.
En 1880, il rompit avec la lutte armée pour se retirer dans son village de Taïba où il se consacre à l’enseignement et à l’agriculture. En 1880, des traités signés avec les souverainslocaux placent la Sénégambie centrale sous l’autorité de la France et les rives Gambiennes sous celle de l’Angleterre. Abdoulaye Niasse grâce à son engagement dans la culture arachidière et son action éducatrice voit ses revenus augmenter ainsi que le nombre de ses disciples.
Dès 1890, il se rend à la Mecque en passant par Fez où il noue des contact avec la zawiyya-mère de la Tijaniyya et à Alexandrie où il aurait reçu un diplôme attestant de son érudition islamique.
De retour au Sénégal, il continue paisiblement à se consacrer à ses activités spirituelles jusqu’en 1901, quand le chef de canton de Nioro et l’administration l’accusent à tort d’être l’instigateur d’un émeute millénariste dirigée contre les Français. Taïba est détruit, sa mosquée brûlée et ses biens confisqués. Il se réfugie avec une partie de ses disciples en Gambie d’où il continue à exhorter ses fidèles, y compris ceux qui sont restés au Sénégal, au travail et au respect des lois. Ces derniers prennent part activement à la culture de l’arachide dans le cercle du Sine Saloum qui va très rapidement battre le record de la production arachidière. Abdoulaye s’attache également à cultiver ses relations extérieures en entretenant une correspondance suivie avec les différentes branches de la Tijaniyya. En 1910, grâce aux bons offices de son ami El Hadji Malick Sy, l’administration l’autorise s’installer à Kaolack.
En 1912, il retourne à Fez et y reçoit la ijâza mutlaqa , suprême consécration de la hiérarchie Tijaniyya, qui va accroître son audience déjà considérable dans la Sénégambie. A sa mort le 9 juillet 1922, il lègue à ses successeurs une communauté très prospère.
Outre son action éducatif, Abdoulaye Niasse doit son succès à sa capacité d’adaptation aux mutations socio- économique provoquées par la colonisation et sa réussite à contrôler de nouveaux mécanismes d’allocation de ressources.
Bibliographie:
Archive du Sénégal.
- 1G283 Lieutenant chaudron, Etude sur le cercle de Nioro Rip.1901.
- 13G68: fiche de renseignement sur les marabouts du Sine Saloum Dieng.
Samba Dieng. La jihad d’Abdoulaye Niasse ou sa contribution à l’édification d’une société Sénégalaise meilleure, communication présentée à la 4ème semaine culturelle islamique Dakar, 1986 ,10 p.
Kane Ben Omar. Note de présentation Dar al qur’an, Dakar, Décembre 1987, 10 p.
Klein Martin. Islam and imperialism in Sénégal Sine Saloum ( 1874 - 1975). Stanford University Press, Stanford California, 1968.
Marty Paul. Etude sur l’Islam au Sénégal, Paris Leroux, 1917.
Mbodj Mouhamed. EL hadji Abdoulaye Niasse (1840-1922 ), contexte historique et géopolitique, communication présentée à la 4ème semaine culturelle musulmane, Dakar, 1986,11 p.
Ibrahim Ahmad Niang. Athâr al-taswwûf fi hayât al Hajj cAbdullah Nysâs (aspects du soufisme dans la vie de Abdoulaye Niasse), communication présentée à la 4ème semaine culturelle musulmane, Dakar, 1986,17 p.
Sources orales. Entretien avec Cheikh Hassan Cissé (Imam de la mosquée de Kaolack), Dakar, novembre 1988.
| < Prev | Next > |
|---|







